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Intégrer le genre au déconfinement : une nécessité !

Publiée le 2 juin 2020

De nombreuses études ou articles montrent que la crise du Covid a accentué les inégalités, dont les inégalités liées au genre. Dans quels domaines et métiers en particulier ? Et comment prendre en compte le genre dans la gestion post-crise sanitaire ?

La crise sanitaire et ses conséquences exacerbent les inégalités dans de nombreux secteurs. Nous avons repéré des domaines particulièrement touchés. Chacun-e à son niveau (décideur-euses, élu-es, associations...), doit mettre en place des actions spécifiques à court terme pour faire face à l'urgence de la crise, et à plus long terme, afin de réduire les inégalités en faisant mieux qu'avant la crise.

Les recommandations du Haut Conseil à l'Egalité FH

Pour une prise en compte du genre dans le déconfinement et l'après crise Covid 19

  • Les violences de genre accrues

Les interventions de police et gendarmerie pour violences intrafamiliales ou conjugales ont augmenté de plus de 30% pendant le confinement, sur le territoire de la Métropole comme dans toute la France. Les personnes LGBT ont été plus exposées aux violences au sein de leur foyer, en particulier les mineur-es. Le harcèlement de rue ne s'est pas arrêté, et le cyberharcèlement non plus.

De nouveaux dispositifs ont vu le jour pendant la crise sanitaire (notamment un numéro d'écoute à destination des auteurs), il s'agit désormais de les pérenniser, et de poursuivre les démarches de lutte contre les violences, en particulier pour répondre aux demandes d'hébergement d'urgence.
Article sur SFMilena et les violences au niveau local.

  • Les femmes plus exposées à la précarité

C'était vrai avant la crise sanitaire, cela se confirme à mesure que la situation sociale se dégrade. Dans l'emploi, elles occupent la majorité des métiers dévalorisés et peu rémunérés, et c'est d'autant plus vrai pour les femmes racisées. Elles sont à la tête de 90% des familles monoparentales, sont très majoritaires parmi les personnes âgées pauvres et isolées, ou encore parmi les personnes prostituées.

Les aides spécifiques aux plus fragiles sont indispensables, comme par exemple les actions contre la précarité menstruelle. Mais des transformations structurelles doivent également être pensées pour revaloriser les métiers du care.

revaloriser les emplois et carrières à prédominance féminine

  • La moindre représentation des femmes

Dans les lieux de décision ou d'expertise, les femmes ont été moins présentes pendant la crise. Dans les médias également, ce sont principalement des hommes qui sont mis en avant. Il s'agit d'un problème non seulement de représentation mais aussi de participation aux décisions.

Recommandations du HCEFH sur les médias

  • L’accentuation de la division des tâches domestiques

Les inégalités existaient déjà en matière de répartition des tâches domestiques, et elles se sont accentuées pendant la période de crise sanitaire, notamment pour les femmes ayant des enfants. Certaines ont été moins présentes au travail ou en télétravail que leurs collègues masculins, avec les risques que cela peut entraîner pour leur maintien dans l'emploi ou l'évolution de leurs carrières. En outre, elles sont nombreuses à évoquer des risques d'épuisement face à la conjugaison des contraintes personnelles et professionnelles.

En Allemagne, des femmes comptent le travail gratuit

  • L'accès à l'IVG et à la santé des femmes en danger

Vigilance également sur l'accès aux droits sexuels et la santé des femmes : les difficultés constatées pendant la crise sanitaire ne doivent pas perdurer.

Quand la crise sanitaire menace les droits des femmes

  • Penser la complexité

Les situations de crise renforcent les inégalités. Le panorama que nous proposons n'est pas exhaustif. Vous trouverez ci-dessous des liens vers des articles pour aller plus loin.

Il nous semble aussi indispensable de penser l'intersectionnalité : les droits et l'accès aux droits des femmes sont fragilisés, et c'est également le cas des femmes en situation de handicap, et/ou victimes de racisme, de grossophobie, de la lesbophobie, de transphobie, etc.

Consultez le guide publié par le secrétariat d'Etat chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes : 15 bonnes pratiques pour une reprise de l'activité avec les femmes et les hommes.

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