Actualité

Les ateliers Marianne : un acteur clé lors de la crise sanitaire

Publiée le 30 juin 2020

Pendant la crise sanitaire les ateliers Marianne ont été contactés par différentes associations et collectivités pour la fabrication de masques. Nous les avons rencontrés.

https://lesateliersmarianne.fr/fabrication-solidaire-de-masques-alternatifs/

Sur le territoire de la Métropole, plusieurs associations ont répondu à l’appel de solidarité pour la fabrication des masques. Une stagiaire de la Maison pour l'égalité femmes-hommes est allée à la rencontre de Magda Mokhbi, directrice des Ateliers Marianne.

Pouvez-vous nous présenter l’association ?
Les ateliers Marianne, c'est un chantier d'insertion basé à Pont de Claix et porté par l'association "Marianne". Sa mission principale est d’aider le public éloigné de l’emploi à renouer avec le travail. Deux ateliers existent :

  • L'atelier création textile : pour réaliser des vêtements prêt-à-porter stylisés et fait à partir de vêtements et textiles récupérés
  • L'atelier de création déco : pour travailler le bois et le métal, afin de réaliser des meubles et aménagements d'intérieur et de jardins.

La spécificité des ateliers Marianne réside dans le fait d'utiliser la création artistique comme support d'insertion. À l’heure actuelle, l’atelier est composé de 17 salarié-es en parcours et une équipe administrative. « Ce sont des personnes qui relèvent des minima sociaux, ou qui ont eu un accident de vie et qui ont besoin de trouver une structure pour reprendre le travail et reprendre le lien social, les habitudes sociales et sociétales ; c'est donc un accompagnement global vers l’emploi et la citoyenneté, pour renouer avec les autres et renouer avec soi »

Qu'en est-il de la parité au sein de l’atelier ?
Au sein de l’atelier, l'équilibre entre les femmes et les hommes est une préoccupation. Cependant, pour la directrice il est compliqué d’atteindre l’équilibre, car certains métiers continuent d’être genrés. Par exemple, l'atelier de couture concentre une majorité de femmes (8 pour 2 hommes) et au contraire, l’atelier déco est en quasi totalité occupé par des hommes (6 pour 1 femme). « La parité est très compliquée parce que ce sont des métiers avec des déterminismes forts, à savoir : la couture, c’est fait pour les femmes et le bois, c’est fait pour les hommes. »

Mobilisation pour la couture de masques
Les ateliers ont dû fermer leurs portes à cause du confinement, mais la directrice a mobilisé l’atelier de couture pour répondre au besoin : «on a un atelier couture, il faut qu’on participe à cet effort.»

La fabrication de masques s’est faite à la distance : les volontaires ont travaillé depuis leur domicile avec des machines à coudre livrées par l’atelier dans certains cas. Les 3 personnes mobilisées ont reçu une “mallette de masques” avec toutes les pièces coupées, les fils, le modèle et une fiche d’explication des mesures sanitaires. La directrice s’occupait principalement de la logistique, pour trouver la matière première par exemple.

Les masques ont été fabriqués pendant toute la période du confinement. L’association a réussi à faire plus de 7000 masques, distribués auprès de la Métropole, des associations d’insertion, des associations d’aide, etc. Une entraide s’est mise en place avec d’autres associations qui fabriquaient aussi des masques. Après le déconfinement, les commandes et la production se sont arrêtées. En effet, comme le dit Magda Mokhbi, le marché a été envahi par les masques jetables, donc plus de commandes pour des masques en tissu.

Un travail rémunéré ?
Outre l'élan de solidarité, il ne faut pas oublier le travail du couturier et des couturières.

Chaque personne, association ou collectivité a payé en fonction de ses conditions financières. Comme le dit la directrice : "L’idée n'était pas de rechercher la rentabilité à tout prix ; les masques ont été vendus à 4 euros pièce, mais certaines associations qui n’avaient pas les moyens n'ont versé qu'une somme symbolique."

Les ateliers Marianne ont repris leurs activités avec toutes les mesures sanitaires obligatoires, afin d’assurer la sécurité de chacun-e. Pour l'instant il est difficile de calculer l’impact économique de la crise sanitaire sur l'association, mais la directrice estime environ 30 % des pertes en chiffre d’affaires.

Pour en savoir plus sur les inégalités engendrées par la crise sanitaire, un article sur Ce que le coronavirus révèle des inégalités femmes-hommes.

Toutes les actualités